Dans ce guide
Nommer la question et le lecteur
Résumez en quelques phrases ce que le livre cherche à comprendre, pourquoi cette question importe et à qui il s’adresse. Un manuscrit issu d’une thèse n’a pas nécessairement le même plan qu’un livre pour un public plus large. Indiquez les connaissances préalables attendues et les termes que vous expliquerez. La note d’intention peut préciser ce passage du travail de recherche à l’objet éditorial sans répéter le résumé des résultats.
Décrire le corpus et la méthode
Listez les archives, entretiens, observations, données ou travaux déjà publiés qui fondent l’analyse. Indiquez leur période, leur provenance et les limites du corpus. Un exemple parlant ne vaut pas à lui seul démonstration générale. Distinguez une hypothèse, une interprétation et un fait établi. Lorsque des personnes ont participé à l’enquête, identifiez les autorisations, anonymisations ou validations nécessaires avant de proposer une citation ou une photographie à la publication.
Construire une progression de lecture
Chaque chapitre devrait répondre à une partie de la question centrale et annoncer ce qui sera examiné ensuite. Testez le plan avec un lecteur qui ne connaît pas le projet : comprend-il les notions introduites, le rôle des exemples et le lien entre les chapitres ? Une longue revue de littérature peut être déplacée, condensée ou mieux articulée si elle interrompt la démonstration. Les outils de structure et de vulgarisation aident à ajuster la forme au lectorat.
Rendre les sources retrouvables
Choisissez une convention cohérente pour les citations, notes, bibliographie et données. Vérifiez un échantillon de références : le lecteur peut-il retrouver la pièce précise et comprendre l’affirmation qu’elle soutient ? Pour les documents rares ou privés, indiquez la source aussi précisément que le permettent les droits et la confidentialité. Une table, une carte ou un graphique doit posséder une légende, sa provenance et une explication dans le texte. Le guide sources et bibliographie détaille ce contrôle.
Préparer le dossier éditorial
Présentez la question, le public, la longueur, l’état du texte, le plan et deux ou trois ouvrages proches à comparer sur la méthode ou le lectorat. Signalez les illustrations, tableaux ou annexes qui compliquent la fabrication. Si des autorisations restent ouvertes, listez-les sans les présenter comme obtenues. Cette clarté permet d’évaluer la faisabilité éditoriale sans prétendre que le livre ou ses conclusions ont déjà été validés.
Une fiche pour chaque affirmation importante
Dans le dossier de travail, reliez les passages décisifs à une pièce précise. Une bibliographie générale ne suffit pas lorsqu’une conclusion repose sur un chiffre, une citation ou une archive particulière.
Faites défiler le tableau pour voir toutes les colonnes.
| À noter | Question de contrôle |
|---|---|
| Passage du manuscrit et version | Quelle phrase exacte faut-il vérifier après une révision ? |
| Source et emplacement | Une autre personne peut-elle retrouver la page, le fichier ou l’entretien ? |
| Portée de la preuve | La source établit-elle le fait, ou soutient-elle seulement une interprétation ? |
| Statut | Le point est-il confirmé, à nuancer, ou encore ouvert ? |
Le registre de sources commenté montre comment signaler une contradiction sans la masquer.
Faire l’inventaire des preuves
Choisissez trois affirmations centrales du manuscrit. Pour chacune, indiquez la source consultée, la page ou l’emplacement précis, la date de consultation si elle compte et ce que cette source permet réellement d’affirmer. Signalez les interprétations de l’auteur comme telles. Si une affirmation repose sur un entretien, notez les conditions de citation et les limites d’usage convenues.
Testez ensuite le raisonnement auprès d’une personne non spécialiste : peut-elle suivre la question, les exemples et la conclusion sans deviner une étape manquante ? Ce contrôle ne remplace pas la relecture de fond.