Dans ce guide
Commencer par le fond
Une lecture éditoriale examine la progression du livre, ses répétitions, les passages obscurs et les faits à vérifier. Pour une fiction, elle peut interroger la chronologie et les motivations ; pour un essai, la démonstration et les sources. Elle produit des questions et des propositions, pas une réécriture silencieuse de l’œuvre. L’auteur décide avec son interlocuteur des changements à apporter et conserve une version identifiable de son texte.

Préparer une copie stable
Avant la composition, fixez l’orthographe des noms, les niveaux de titres, la forme des citations, les références et les conventions typographiques. Un glossaire interne peut éviter qu’un lieu ou un personnage change de nom au fil des chapitres. Identifiez les passages non résolus et les éléments qui appartiennent à d’autres personnes. La préparation de copie rend les choix cohérents, mais ne peut pas autoriser à elle seule une image ou confirmer un fait non sourcé.
Lire les corrections avec une méthode
Demandez quel fichier sera annoté et comment les suggestions seront présentées. Séparez les corrections certaines, comme une coquille, des questions de sens ou de style qui nécessitent l’accord de l’auteur. Pour chaque désaccord, vérifiez l’effet sur le lecteur plutôt que de défendre automatiquement la formulation initiale. Conservez les décisions majeures et leur date. Le suivi des versions empêche d’intégrer une ancienne correction dans un nouveau fichier.
Contrôler après la mise en page
Une fois le texte composé, relisez les titres, notes, légendes et renvois dans les pages finales. Une correction tardive peut déplacer une note, une ligne ou un folio ; vérifiez ces conséquences avant d’approuver l’épreuve. Le guide relire les épreuves propose deux passes complémentaires. Pour un EPUB, contrôlez également la navigation et l’ordre de lecture : la page imprimée ne suffit pas à valider le fichier numérique.
Demander un périmètre écrit
Une proposition devrait dire si le travail porte sur la structure, la langue, les références, les épreuves ou l’ensemble ; combien de retours sont prévus ; qui intègre les modifications et qui valide le résultat. Un « texte corrigé » n’explique pas le traitement d’un manuscrit documenté ou multilingue. Associez les livrables et les responsabilités au calendrier éditorial afin que l’auteur puisse relire au bon moment.
Faire circuler une correction sans perdre les décisions
Faites défiler le tableau pour voir toutes les colonnes.
| Passe | Fichier de référence | Validation attendue |
|---|---|---|
| Fond et structure | Manuscrit daté avec questions de lecture. | Auteur et interlocuteur éditorial décident des reprises de sens. |
| Préparation de copie | Texte stabilisé et feuille de conventions. | Noms, citations, références et cohérence sont contrôlés. |
| Épreuves | PDF ou fichier composé numéroté. | Corrections reportées et effets de mise en page vérifiés. |
| Fichier livré | Version finale identifiée par son nom et sa date. | Écarts avec l’épreuve approuvée résolus. |
Ne réinjectez pas directement les corrections d’une épreuve dans un ancien manuscrit. Le carnet de fabrication fournit une fiche pour suivre les versions validées.
Tester une correction sur un passage
Prenez deux pages représentatives et marquez séparément les questions de structure, de clarté, de langue et de composition. Une remarque de fond doit expliquer l’effet constaté chez le lecteur ; une correction de copie doit permettre d’identifier exactement les mots changés. Demandez à l’auteur de valider les modifications qui touchent au sens ou à la voix.
Comparez ensuite les versions avant et après : le passage est-il plus clair sans perdre son intention ? Conservez une liste des décisions de langue afin qu’un même choix soit appliqué partout.