Une maison généraliste

Des genres multiples, une même attention au texte.

Notre ligne généraliste accueille des formes différentes. La question décisive est la proposition portée par chaque manuscrit.

Dans ce guide

Ce que nous cherchons dans un projet

Un texte peut trouver sa place par sa voix, sa construction, son sujet ou le regard neuf qu’il apporte. Nous lisons la cohérence du manuscrit dans son propre genre : un recueil de poésie ne s’évalue pas comme un essai, et un album illustré demande d’autres questions qu’un roman. La qualité d’un texte n’oblige pas une maison à le publier ; le choix dépend aussi du projet éditorial qui peut être construit autour de lui.

Romans, nouvelles et récits

La fiction contemporaine, l’imaginaire, le polar, le récit historique et les nouvelles peuvent être proposés. Présentez la situation de départ, les enjeux, la progression du récit et son public possible. Pour un recueil, indiquez ce qui relie les textes : thème, lieu, voix, forme ou trajectoire. Un début séduisant compte, mais nous avons aussi besoin de comprendre comment l’ensemble tient jusqu’à sa fin.

Essais et documents

Un essai gagne à annoncer clairement sa question, son angle et le chemin proposé au lecteur. Distinguez les faits vérifiables, l’analyse et l’opinion. Les références, sources ou documents utilisés doivent pouvoir être identifiés. Pour un sujet spécialisé, expliquez à qui le livre s’adresse et comment il reste accessible à ce lectorat.

Témoignages et biographies

Un vécu personnel peut devenir un livre lorsqu’un fil narratif aide le lecteur à le suivre et à en saisir la portée. Précisez votre lien avec les événements et ce que vous pouvez documenter. Lorsque le texte évoque des personnes identifiables, des photographies ou des archives privées, vérifiez les autorisations nécessaires avant publication. Notre guide des droits et autorisations rassemble les premiers points à examiner.

Poésie et formes brèves

Pour un recueil, l’ordre des textes et le rythme de lecture font partie du projet. Une note courte peut expliquer l’unité recherchée sans interpréter chaque poème à la place du lecteur. Les textes déjà publiés en revue ou en ligne doivent être signalés, avec les engagements éventuels attachés à ces publications.

Jeunesse et projets illustrés

Indiquez la tranche d’âge envisagée, la place du texte et celle des images. Un manuscrit jeunesse peut être présenté sans illustrations si le projet n’en possède pas encore ; expliquez simplement ce que le visuel apporterait. Si des dessins ou photographies existent, mentionnez leur auteur et les droits dont vous disposez. Pour un album, quelques pages représentatives permettent de comprendre le rythme entre texte et image.

Une proposition singulière ? Les formes hybrides peuvent aussi être présentées. Décrivez le livre tel que vous l’imaginez plutôt que de le forcer dans une catégorie.

Textes hybrides : expliquer la forme choisie

Un livre peut mêler récit et enquête, poésie et photographie, témoignage et documents. Présentez alors ce qui relie les parties, l’ordre de lecture proposé et la place de chaque matériau. Si le projet comporte des images ou des archives, distinguez celles que vous avez créées, celles dont vous avez obtenu l’usage et celles qui restent à autoriser. Cette précision aide à lire le texte selon sa logique propre plutôt qu’à le ranger de force dans un rayon.

Préparer l’envoi

Le genre sert à orienter la lecture, pas à enfermer le texte. Une présentation courte du projet, un synopsis adapté et un manuscrit lisible constituent un bon point de départ. Consultez le guide du synopsis puis les étapes d’envoi. Aucune publication n’est garantie par la seule correspondance avec cette ligne éditoriale.

Les projets où l’image porte le récit

Un album ou un livre illustré ne se juge pas uniquement à son texte. La place des images, leur progression, les contributeurs et les droits d’usage doivent pouvoir être compris dès le dossier. Si votre projet repose sur une séquence visuelle, consultez notre méthode de présentation et distinguez les images déjà autorisées des simples références de travail.

Choisir un dossier adapté à la forme

Un recueil demande d’expliquer son ordre et sa sélection ; un récit de vie gagne à distinguer mémoire et documents ; un essai doit montrer la progression de son raisonnement et la provenance de ses sources. Pour la jeunesse, l’expérience de lecture et la place de l’image deviennent déterminantes : notre guide Préparer un manuscrit jeunesse détaille ces choix.

Quand plusieurs personnes créent le livre

La proposition doit nommer les personnes qui écrivent, dessinent, traduisent ou apportent des documents, et indiquer l’état de leur collaboration. Une contribution souhaitée mais non confirmée ne se présente pas comme un accord acquis. Le guide Écrire à plusieurs mains aide à clarifier les rôles avant l’envoi.

Un roman se présente par son mouvement

La catégorie « roman » ne dit pas encore ce que le lecteur suivra. Une proposition situe la trajectoire du personnage, la question centrale, le point de vue et le ton. Les rebondissements ne remplacent pas les conséquences des choix. Le guide Construire un roman aide à vérifier cette progression avant de préparer le synopsis et le manuscrit complet.

Des formes qui demandent des dossiers différents

Pour un polar, la résolution complète et la chronologie comptent plus qu’un argument de suspense. Pour un récit de fantasy, science-fiction ou fantastique, nous cherchons à comprendre les règles du monde et la trajectoire propre au volume proposé. Un recueil de poésie se lit aussi dans l’ordre et l’espace de ses textes.

Un livre pratique exige de préciser ce que le lecteur peut réellement faire avec les conseils. Les essais et documents demandent des sources retrouvables. Une traduction suppose en plus de clarifier les droits de l’œuvre source. Ces indications orientent la présentation ; elles ne préjugent pas de l’acceptation d’un manuscrit.

Des propositions qui associent texte, documents et autres voix

Le roman historique doit distinguer ses scènes inventées des faits qui servent sa chronologie. La biographie appelle une méthode de sources et une attention aux personnes évoquées. Une anthologie présente son principe de sélection et les permissions de chaque texte, tandis qu’une bande dessinée montre une séquence continue de pages.

Un livre en plusieurs langues ajoute des questions de correspondance entre versions et de crédit des traducteurs. Ces formes peuvent être proposées à une maison généraliste, mais leur dossier doit exposer clairement l’état du projet, ses contributeurs et ce qui reste à vérifier.

Situer les formes qui franchissent plusieurs genres

Un carnet de voyage peut associer récit, carte et photographies ; une vulgarisation scientifique peut emprunter des scènes narratives ; un guide pédagogique peut inclure témoignages et exercices. Décrivez le rôle de chaque composante plutôt que de chercher une étiquette unique à tout prix.

Pour évaluer un projet hybride, une page continue représentative et un plan commenté valent davantage qu’une longue liste de genres. Indiquez ce que le lecteur fera concrètement : suivre une histoire, comprendre un sujet, consulter une référence ou pratiquer une activité.

Lire la forme concrète du récit

Un roman se présente aussi par ses unités de lecture. Les premières pages installent une attente ; les personnages agissent selon des désirs et contradictions ; les scènes donnent des conséquences visibles. Ces points permettent de discuter un texte avec précision sans imposer une formule de genre.

Pour un projet encore en travail, un synopsis complet et un extrait continu montrent mieux la proposition qu’une succession de meilleures phrases. Les guides de l’atelier aident à faire ce choix.