Texte & image

Un projet illustré se lit aussi par sa séquence.

Album, récit jeunesse, beau livre ou essai visuel : la proposition doit montrer ce que les images apportent au texte et comment l’ensemble se déploie.

Dans ce guide

Définir la fonction de l’image

L’illustration peut raconter une action absente du texte, apporter un contrepoint, expliquer une notion ou créer un rythme. Si elle répète simplement chaque phrase, le projet risque de perdre sa force. Dans un livre documentaire, légendes et sources doivent permettre de comprendre ce qui est montré. Présentez le public, le ton, le format envisagé et le degré de dépendance du livre aux images.

Préparer un chemin de fer simple

Un tableau page par page ou double page par double page peut indiquer : numéro, texte, visuel attendu, fonction du visuel et notes de fabrication. Il révèle les transitions, les pages trop denses et les moments où le regard doit respirer. Un crayonné ou une maquette sommaire suffit à rendre le rythme visible ; il n’est pas nécessaire de maquiller une idée encore ouverte en ouvrage achevé.

Montrer des exemples représentatifs

Joignez quelques pages qui reflètent réellement la variété du livre : une ouverture, une page chargée, une séquence silencieuse ou une image explicative selon le projet. Indiquez ce qui est finalisé, ce qui est provisoire et ce qui reste à produire. Pour une collaboration, identifiez clairement qui écrit, illustre, photographie, réalise les cartes ou fournit les archives. Une image de référence n’est pas automatiquement une image utilisable en publication.

Documenter les droits et les crédits

Pour chaque élément visuel envisagé, notez son auteur, son origine, les usages autorisés, les crédits demandés et les éventuelles limites de support ou de territoire. Vérifiez aussi les droits des personnes photographiées lorsque leur image est exploitable. Les dessins, photographies, cartes et typographies peuvent relever de situations différentes. Notre guide Droits et autorisations propose une méthode de suivi sans supposer qu’un visuel trouvé en ligne est libre.

Penser à la lisibilité et à l’accessibilité

Le texte sur image, les contrastes, les petits caractères et l’ordre de lecture méritent une attention dès la maquette. Pour un format numérique, demandez comment seront traitées les descriptions des images porteuses de sens et les images décoratives. Pour le papier, testez une impression à taille réelle plutôt qu’un aperçu agrandi à l’écran. Le guide Accessibilité du livre détaille les questions à poser.

Questions à joindre au dossier

Combien de visuels existent déjà ? Sont-ils originaux, licenciés ou à commander ? Une collaboration avec un illustrateur est-elle établie ou seulement souhaitée ? Quels formats sont indispensables à la lecture ? Quelles contraintes de couleur, de papier ou de fabrication pourraient modifier le coût ? Précisez les réponses connues et les décisions encore ouvertes. Consultez aussi la ligne éditoriale avant l’envoi.

À retenir : le dossier doit rendre visibles la séquence, les contributeurs et le statut des images, même lorsque la maquette définitive n’existe pas encore.

Parcourez les autres guides pour auteurs ou consultez les questions fréquentes pour préparer la prochaine étape.

Le cas particulier de la jeunesse

Dans un album, la répartition entre texte, image et silence dépend aussi de la situation de lecture : un adulte lit-il à voix haute ou l’enfant explore-t-il seul la page ? La progression des doubles pages peut compter davantage qu’un résumé de l’histoire. Consultez le guide du manuscrit jeunesse pour tester rythme, compréhension et public indicatif sans réduire le lecteur à une tranche d’âge.

Faire circuler les images sans perdre leurs informations

Nommez chaque image de façon stable et associez-lui une fiche : créateur, sujet, emplacement souhaité, dimensions utiles, légende, crédit et statut des droits. Un fichier basse définition peut suffire pour une première lecture, mais la fabrication demandera un contrôle technique propre au support. Le guide suivre les versions aide à éviter qu’une ancienne image soit reprise par erreur.

Pour un livre pratique, la priorité est souvent de montrer une étape réalisable ; pour un album, c’est le rythme entre texte, silence et image. Consultez la méthode du guide pratique et l’accessibilité pour préparer des légendes et alternatives utiles.

Récit dessiné, document et photographie ne se préparent pas pareil

Une bande dessinée doit montrer une séquence continue où l’image porte l’action. Une image d’archive demande une cote, une légende et une vérification de réutilisation. Dans les deux cas, chaque fichier doit correspondre à une version identifiée de la maquette.

La fiche décrite dans Autorisations d’images relie créateur, provenance, usages permis, crédits et personnes représentées. Préparez-la avant que l’image ne devienne indispensable à la couverture ou à la campagne de communication.

Quand la séquence des images porte le livre

Dans un album ou un projet illustré, texte et image se répartissent l’information. Un livre de photographie pousse plus loin cette logique : sélection, alternance d’échelles et relation entre doubles pages construisent le récit. Présentez donc un ordre de lecture, pas seulement un dossier de belles images.

Pour chaque visuel, reliez fichier, auteur, légende, crédit et statut de l’autorisation. Un prototype imprimé à taille proche du format envisagé révèle les légendes illisibles et les enchaînements faibles que l’écran dissimule.